AUTOGENICS 3.0: LA NOUVELLE VOIE VERS LA PLEINE CONSCIENCE ET LA MÉDITATION

AUTOGENICS 3.0: LA NOUVELLE VOIE VERS LA PLEINE CONSCIENCE ET LA MÉDITATION

Luis de Rivera a travaillé à Montréal avec W. Luthe, qui avait beaucoup enrichi l’œuvre de J.H. Schultz, jusqu’aux années 1970, après l’avoir introduite au Canada. Dans Autogenics 3.0 sont évoqués autant les faits observés et élaborés par la pratique clinique que les données neuroanatomiques et physiologiques qui les sous-tendent. Parmi ce qui a suscité particulièrement l’intérêt de l’auteur, se trouvent les processus d’abréaction, qui étaient autrefois négligés, étant compris comme manifestations latérales indésirables. Nous lisons ici une version très accessible de l’apport de son travail sur les abréactions en psychothérapie autogène, à la suite de W. Luthe.
Le texte de cet ouvrage constitue un ensemble complet, parce qu’il articule une description détaillée des aspects tangibles de l’entraînement aux fondements universels de ces explorations humaines. Il les éclaire par les bases scientifiques maintenant déjà anciennes des études sur l’équilibre de l’individu dans son milieu, et sur l’équilibre du sujet dans son for intérieur ; sans négliger de faire appel au procédé up to date de l’IRM pour les corroborer ; et tout en n’entrant pas dans les méandres d’une étude pointilleuse de la connectivité fonctionnelle cérébrale sur la reconfiguration des réseaux, qui ne serait plus éclairante, resterait hypothétique et en suspens. Il éclaire les réflexions sur la psychothérapie, parce que les thérapies à support autogène ne suscitent pas une sécession —fût-elle théorique—, entre affectivité et pensée. Parce que l’ingression totalisante que détermine la révélation autogène s’amalgame à la présence thérapeutique : l’expérience pré-réflexive qui la constitue peut faire l’objet d’entretien d’explicitation , contexte facilitant la perlaboration des expériences perceptuelles.
Le texte établit des passerelles entre l’entraînement autogène et le fonds des pratiques religieuses traditionnelles, tout en mettant en garde face aux expériences spirituelles partielles, sans issue —voire dangereuses, comme toute thérapeutique active— amenées par le business du sacré, pour qui n’est pas fait pour cela.
Il nous apprend beaucoup sur la façon de mobiliser l’attention et de s’y exercer. Après avoir approfondi la concentration duale, il en vient à la dimension passive incidentale, dans laquelle le sujet n’a pas d’autre intention que d’être simplement présent à la vie. Cette passive acceptance dans la surprise, répond à la signification ancienne du verbe français « acquiescer ». Alors qu’accepter consiste à donner son accord pour ce qui est offert, l’acquiescement est un accord produit comme résultat d’une tranquillité qui le précède, en référence à la racine « quietus ». Dans la manœuvre, le sujet est d’emblée quitte de tout devoir additionnel : nombre de choses n’ont pas vraiment d’importance.

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